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Etudes

Sélection en Sciences Biomédicales

Y a-t-il une sélection en Sciences biomédicales? Dans une section dont le nombre d'étudiant varie entre 40 en première année et 5-10 diplômés en fin de master, il serait absurde de mettre une sélection supplémentaire. D'autant que l'idée serait plutôt d'augmenter le nombre d'étudiants, pas de les diminuer.

Pourtant, il y a bien une sélection ... mais pas là où on l'attend.

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La saga Liégeoise

Il faut savoir que le cursus en médecine vétérinaire francophone belge est particulier : les bacheliers sont organisés par l’ULg (Liège, Facultés de Médecine Vétérinaire (FMV)), par l’ULB (Bruxelles, Faculté de médecine), par l’UCL (Louvain-La-Neuve, faculté des sciences) et l’UNamur (Namur, faculté des sciences). Mais seule l’ULg organise le master : seule la FMV possède les infrastructures nécessaires pour le master en médecine vétérinaire (clinique, personnel, …).
Il y a donc un goulet d’étranglement entre les bacheliers et le master. Et c’est au niveau de ce master que le bât blesse, et qui conditionne le besoin d’une sélection ou pas.

La première sélection a été établie pour une durée déterminée entre les années 2003-2004 et 2005-2006, à cause d’une augmentation des inscriptions observée les années précédentes. Etant déjà à la limite du surplus et craignant de ne plus pouvoir accueillir correctement les prochaines promotions, un concours d’admission en première année a donc été instauré pendant 3 ans. Les admissions en premières année ont dès logiquement fort diminuer, revenant à un niveau acceptable pour la faculté de médecine vétérinaire de Liège. Dès lors, la sélection n’a pas été renouvelée, et l’accès aux études de médecine vétérinaire reste libre jusqu’à aujourd’hui pour les étudiants résidents en Belgique (= qui sont établis en Belgique depuis 3 ans au moins).
Pour les non-résidents, un tirage au sort est organisé si le nombre d’inscrits non-résidents dépasse le tiers des résidents, afin de ne pas dépasser ce quota.

Mais, en 2015, profitant de l’instauration d’un concours en fin d’année en médecine et dentisterie, la faculté de médecine vétérinaire (académiques comme étudiants) réclame à coup de communiqués de presse et de manifestations une nouvelle sélection. En effet, le nombre d’étudiants en médecine vétérinaire n’a fait qu’augmenter depuis 2006, dépassant largement la situation de 2002, juste avant la première sélection.

Ainsi, les positions actuelles sont :
 - La faculté de médecine vétérinaire, ou FMV (le Recteur de l’ULg, le Doyen de la FMV, les académiques, les étudiants) réclament une sélection au niveau du bachelier, en mettant en évidence l’urgence de la situation.
 - Les autres facultés sont indécises et ont du mal à trouver un accord : s’il est évident qu’il y a un problème, ils travaillent encore à envisager d’autres solutions, et craignent surtout une épidémie de sélection au sein des études universitaires, à l’instar du système français.
 - Les étudiants des autres universités (FEF, AGL (Louvain), AGE (Namur), et BEA (ULB), dont les conseils étudiants se sont prononcés contre la sélection. Néanmoins, le débat est lancé au sein des étudiants et il est difficile de trouver une position consensuelle.

Quant au ministre de l’enseignement supérieur, il attend encore une position précise des recteurs des différentes universités, et a annoncé une proposition pour la rentrée en septembre 2015. Il n’y aura donc pas de sélection pour l’année 2015-2016, mais il est possible qu’elle ne tarde pas à se concrétiser pour les années futures.

Pourquoi une urgence ?

Ici, nous allons énoncer les arguments de la faculté de médecine vétérinaire de l’ULg.

Premièrement, le nombre d’étudiants : faite pour accueillir 250 étudiants, elle en accueille près de 400 en master. Ce surplus se fait ressentir donc à tous les niveaux de l’enseignement : qualité d’encadrement, accès au matériel, accès aux cas cliniques, débouchées professionnelles, stages, …
Il y a donc clairement un problème pédagogique urgent : il faut agir pour garder une formation de qualité.

Mais il ne s’agit pas uniquement de pédagogie : en 2019, une association appelée l’AEEEV (http://www.eaeve.org/about-eaeve/mission-and-objectives.html) pratiquera une inspection del aqualité de l’enseignement de la médecine vétérinaire à l’ULg. En effet, l’AEEEV est un organisme indépendant (comme une ONG) qui délivre des attestations non officielles aux établissements proposant une formation en médecine vétérinaire. Cette attestation est une sorte de label garantissant la qualité de l’enseignement et de la formation des vétérinaires diplômés par cet établissement. Perdre cette accréditation de l’AEEEV n’empêcherait pas de pratiquer, mais limiterait l’accès à certaines spécialisations, l’accès au travail à l’étranger, et nuirait à la réputation de la FMV.
Lors du dernier contrôle, la FMV avait déjà reçu un avertissement qui dénonçait un rapport étudiants/encadrement trop élevé (trop d’étudiants par rapports aux moyens de formation). Il est dnc nécessaire de faire baisser ce rapport pour le prochain contrôle.

Pourquoi cette pléthore ?

Il y a deux raisons principales : les résidents et les non résidents.

Avant toute chose, parlons du système français. Car s’il y a une chose qui est « touchy » en médecine vétérinaire, c’est le nombre d’étudiants dits « non-résidents » (n’habitant pas en Belgique depuis 3 ans ou plus), qui sont essentiellement français. Qu’on s’entende bien, ici nous ne critiqueront pas les étudiants non-résidents (qui ont même du mérite à quitter leur pays pendant plusieurs années et à s’accrocher comme ils le font), mais bien le système de leur pays natal.
Donc, si M. le Président de la république nous lit, que cela lui donne matière à méditation.

En effet, pour accéder aux études de médecine vétérinaire en France, il faut passer un concours extrêmement restrictif, après 1 à 2 années préparatoires très dures et compétitives à souhait. Beaucoup s’inscrivent, très peu sont pris. Ceux qui ne sont pas pris tentent leur chance en Belgique.
Pour accéder au système belge, le nombre de non-résidents ne peut pas excéder le tiers de la promo au total (Ex : sur 30 étudiants en première année, seuls 10 pourront être des non-résidents au maximum). Comme il y a chaque année plus de non-résidents inscrits que de place, il y a un tirage au sort pour sélectionner ceux qui peuvent avoir accès à la première année.

Le problème est double : le nombre d’étudiants résidents a augmenté ces dernières années. Donc celui des non-résidents acceptés a aussi augmenté (proportionnelle). D’où la situation de pléthore actuelle.
Le problème (on arrive à la partie « touchy »), c’est que les non-résidents (à savoir les français en grande majorité) réussissent beaucoup mieux que les belges, « grâce » à leurs années préparatoire, à la pression de la réussite, à l’esprit de compétition et d’élite, …
On se retrouve donc avec des promotions surnuméraires en master, composées de plus de 50% de français. C’est là que 2 camps s’affrontent : ceux qui veulent réduire drastiquement l’accès aux non-résidents, et ceux qui ne veulent pas.

Les premiers défendent le fait que ces étudiants non-résidents sont financés par la Belgique et non leur pays natal. Or, une majorité retourne dans leur pays après leurs études (pour information, la source la plus importante de médecins vétérinaires en France est … la faculté de Liège !). Ceux qui restent en Belgique (résidents et non-résidents, c’est-à-dire environ 60 diplômés) sont suffisants pour le marché du travail belge. Il y a donc un surplus d’étudiants en master, dû principalement à la réussite d’étudiants non-résidents, financé par la Belgique, et ne participant pas à la force de travail belge une fois diplômés (en moyenne, il y a des exceptions). Pour eux donc, il faut commencer par réduire les quotas d’étudiants étrangers, ce qui a été promis par le ministre belge de l’enseignement supérieur francophone : on passera de 30 à 20% de non-résidents.

Les seconds sont contre le rejet des étudiants non-résidents : cela irait à l’encontre de la politique européenne, à l’encontre du principe de libre circulation et de partage du savoir, serait un signe d’enfermement politique, géographique et scientifique. Aussi, comment pouvons-nous demander aux autres pays d’accueillir nos étudiants si nous refusons les leurs ? Enfin, pouvons-nous vraiment « punir » ces étudiants français parce qu’ils réussissent « trop bien », alors qu’ils subissent déjà la dureté du système de concours en France ? Fermer nos portes aux non-résidents ne serait de toute façon pas suffisant, peu éthique et totalement à contre-sens de la politique européenne et mondiale.

Les solutions, les débats

C’est alors que les romains s’empoignèrent : les points de vue, les propositions, les débats (parfois houleux) sont nombreux, et l’ « urgence » clamée par la FMV n’arrange rien. Nous allons essayer de présenter un aperçu des différentes solutions, mais ce n’est qu’une ouverture de pistes de réflexions, et non un argumentaire complet. Nous devons aussi déclarer notre conflit d’intérêt évident (le BEM s’étant jusqu’à présent prononcé contre la sélection), et le fait que nous ne connaissons concrètement que le cursus en bachelier.

La FMV demande donc une sélection, mais avec quels arguments ? Ils disent avoir envisagé toutes les solutions possibles. Un refinancement, s’il permettrait d’avoir plus d’infrastructures et plus d’encadrants (il faut noter qu’une nouvelle clinique sera construite dès 2018 en ce sens), ne règlerait pas les places de stage, et surtout ne règlerait pas le manque de cas cliniques : l’argent ne permet pas d’amener plus de patients.
Selon eux, la sélection est la solution la plus simple, la plus efficace et la plus pragmatique à court et long terme. Il n’y pas de projet précis de sélection déposé sur la table, mais leur condition est qu’elle devra limiter à 250 le nombre d’étudiants arrivant en master. Leur autre demande est de réduire le nombre d’étudiants non-résidents, ce qui sera fait avec le passage du quota de 30 à 20% pour les inscriptions en première année.
L’avantage de cette demande est qu’elle peut être pratiquée rapidement (dès l’année 2016-2017), qu’elle est simple et efficace. Les désavantages sont bien sûr la fermeture à certains étudiants, la sélection plus importante de certaines catégories (on connaît tous le système scolaire belge qui est parmi les plus inégalitaires), le fait que certaines spécialités arrivent à manquer de médecins vétérinaires, et que cela irait contre le principe d’accès libre au savoir et à la connaissance, principe cher aux étudiants et écrit noir sur blanc dans la constitution des droits de l’homme. Une solution pragmatique donc, mais pas agréable du tout. L’autre risque est que la médecine vétérinaire n’est pas la seule à connaître une augmentation du nombre d’étudiants, on risque donc de voir se répendre les demandes de sélections dans les autres sections et facultés.

En face, ceux qui sont contre la sélection proposent d’autres solutions.
La première est un refinancement de l’enseignement supérieur, promis par le ministre depuis quelques années, afin de suivre l’augmentation du nombre d’étudiants. L’avantage est que cela résoudrait certains problèmes (infrastructures, encadrement), et que cela profiterait à l’ensemble de l’enseignement supérieur. Les contres sont que cela ne règlerait pas tous les problèmes (notamment l’accès aux cas cliniques), et que cette promesse … n’en est qu’à l’état de promesse, donc pas pour tout de suite.
La deuxième piste est l’ouverture d’un deuxième master ailleurs (il y a déjà eu des discussions à ce sujet entre l’ULB et l’UCL). Cela permettrait d’alléger la FMV de Liège en matière d’étudiants, et pourrait augmenter l’accès aux cas cliniques en allant chercher dans un autre bassin géographique, en dehors de Liège. Malheureusement, ce projet n’en est qu’au stade de discussions informelles et, en admettant qu’on la valide, il faudrait le temps d’obtenir un financement, de construire et mettre en place les infrastructures nécessaires. Ce n’est pas pour tout de suite non plus.

Une autre solution, serait d’agir au niveau européen. En effet, nous avons déjà soulevé le problème du déséquilibre entre la formation en France et la formation en Belgique : trop peu sont acceptés en France, qui du coup se retournent vers la Belgique pour être formés avant de retourner dans leur pays natal (rappel : la source N°1 des vétérinaires actifs en France est la faculté de Liège). Une ouverture des quotas français pourrait alléger l’afflux venant en Belgique, diminuer la charge financière de ces « réfugiés académiques », et rentrerait dans la logique de libre marché du travail européen.
En effet, tout travailleur diplômé peut exercer dans n’importe quel pays de l’Union Européenne facilement. Si les programmes Erasmus sont une réussite, la politique d’enseignement est loin d’être aussi harmonieuse au sein de l’Europe, et la multiplication de politiques de sélections nationales (dues la plupart du temps à cause de la libre circulation, d’une manière ou d’une autre) est un signe qu’il faut absolument faire quelque chose. Une harmonisation entre la politique du travail et la politique d’enseignement, avec une vue non plus nationale mais européenne serait une solution. Malheureusement, si notre gouvernement est lent, celui de l’Europe l’est encore plus, et nous savons tous à quel point l’économique passe avant toutes les autres options dans ces hautes sphères.
Notons quand même que la diminution de vétérinaires formés en Belgique pourrait avoir un impact sur le nombre de médecins vétérinaires en France. Assisterons-nous à un retour de flamme en France ?

Il existe sans doute d’autres solutions, mais force nous est de constater que très peu peuvent s’appliquer à court terme, or c’est sur le court terme que Liège réclame un changement (« Il y a urgence »). Pourquoi avoir crié si tard ? Disons qu’il est plus facile d’obtenir certaines demandes en période critique … et si ce n’est pas en période pré-électorale, c’est dans l’urgence que les décisions se prennent le plus facilement.

Pour clore ce dossier, nous vous invitons à vous faire votre avis en vous renseignant le plus possible. Si vous avez des idées, des remarques, des envies, des questions, des élucubrations ou si vous voulez juste boire un verre et papoter médecine vétérinaire, n’hésitez pas : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .

Sélection en Médecine

[Article en cours de mise à jour]

La sélection en médecine, dont le plus connu, le Numérus Clausus...

Actuellement il n'y a aucun système de sélection en première année.

Le Numérus Clausus était un système instauré pour limiter le nombre d'inscrit en médecine. Il a été instauré en fin de 3eme année, puis en fin de première. Il limitait le nombre de personne pouvant continuer, mais ce nombre n'était pas corrélé à un second filtre, qui était le nombre de numéro Inami (numéro nécessaire à la pratique médicale) disponible.

Le Numérus Fixus n'existe pas en Wallonie. Il s'agissait de fixer un pourcentage que les étudiants devait dépasser pour continuer (système flamands)

Dans les deux cas le nombre d'étudiants était supérieur aux numéros Inami disponible, ce qui fait que les étudiants ayant réussi un des Numérus pouvait se faire recaler en fin de 7eme année.

En 2008, la Communauté française a publié un décret qui suspend le système de sélection (concours) organisé au terme du BAC 1 depuis 2005. Ce moratoire a été prolongé pour l'année académique 2009-2010. Le Ministre Marcourt a annoncé par voie de presse qu'il serait également prolongé pour l'année académique 2010-2011.

Ce qui ne veut malheureusement pas dire que la sélection a disparu...

Ce moratoire a entrainer quelque petites modifications:

Inscriptions en BAC 1

  1. Les étudiants de BAC 1 médecine sont évalués en janvier, s'ils obtiennent une moyenne supérieure ou égale à 10 ils reçoivent l'accès aux unités d'enseignement du 2e quadrimestre; entre 8 et 10 le jury consulte le dossier de l'étudiant.
    A l'issue du 2e quadrimestre, en plus des examens normaux, les étudiants en médecine doivent présenter un concours de classement qui déterminera s'ils peuvent ou non continuer les études de médecine que leur année académique soit réussite ou non. Pour poursuivre en BAC 2 les étudiants doivent être à la fois classés en ordre utile au concours et avoir validé 45 crédits d'unités d'enseignement à l'issue de la deuxième session (septembre). Le nombre d'étudiants admis à poursuivre varie selon la répartition des quotas fédéraux.
  2. les évaluations de janvier peuvent être dispensatoires.
  3. Les étudiants qui répètent le BAC 1 médecine ou sciences dentaires bénéficient automatiquement du report des notes (modulaires) de 10 et plus obtenues dans le même programme d'études.
  4. Les étudiants qui s'inscrivent en BAC 1 et qui ont obtenu des crédits dans une autre programme d'études peuvent introduire une demande de dispense auprès de l'organe compétent, c'est-à-dire le Conseil des Etudes de BAC 1.

Inscriptions en BAC 2

  1. Seuls les étudiants qui ont obtenu les 60 crédits associés au Bac 1 de la filière à laquelle ils sont inscrits peuvent être admis en 2e année.
  2. Les étudiants qui ont obtenu 60 crédits en BAC 1 médecine ou dentisterie sont autorisés à s'inscrire en BAC 2 de l'autre programme (avec un programme aménagé).
  3. Les étudiants engagés dans le cursus de médecine ou de dentisterie (au-delà de la 1re année) peuvent solliciter une inscription au delà du BAC 1 dans l'autre programme d'études. Les demandes doivent être introduites auprès de l'organe compétent, le Conseil des Etudes de la filière visée, à qui il appartient, en cas d'avis positif, d'établir un programme d'études aménagé.
  4. Hors ce cas précis, les Facultés de Médecine ne sont pas autorisées à inscrire en BAC 2 médecine ou dentisterie des étudiants qui n'ont jamais obtenu les 60 crédits en BAC 1 médecine ou dentisterie.

Les quotas fédéraux

L’arrêté royal relatif à la planification de l’offre médicale du 16 juin 2008 [modifié par  l'AR du 7.05.2010, MB 11.06.2010] fixe le nombre de candidats qui ont annuellement accès à la formation de médecin généraliste et de médecin spécialiste en Belgique.

En Communauté française, ce nombre est fixé à:

  1. 303 pour les années de 2008 à 2011,
  2. 356 pour 2012
  3. 390 pour 2013
  4. 410 pour 2014 et
  5. 492 pour les années de 2015 à 2018.

Cet arrêté a supprimé les quotas par spécialités (par exemple, 2 en radiothérapie, 3 en dermatologie) imposés par l’arrêté de mai 2002.

Mais il y a toujours un nombre minimal de médecin par spécialités:

Pour les années 2008 à 2014, l’Arrêté impose d’admettre un nombre  minimum de candidats spécialistes dans les disciplines suivantes :

  1. Médecine générale
  2. Psychiatrie infanto-juvénile
  3. Médecine aiguë
  4. Médecine d’urgence
  5. Gériatrie

Projet future sélection

Dès juillet 2017 devrait être organisé un "examen"/concours d'entrée aux études de médecine pour toutes les universités francophones.

La saga INAMI

Depuis le début ...

Le numerus clausus en médecine s'est appliqué pour la première fois en 2004, après avoir été instauré en 1998. La mesure prendra fin en 2020 pour les spécialités en pénurie (voir plus loin).
En pratique, la sélection par les numéros INAMI se fait à la sortie des études : les numéros INAMI sont indispensables pour se spécialiser et pratiquer la médecine curative sous le couvert d'assurances (= de pouvoir prodiguer des soins remboursables). En limitant ces numéros, on limite le nombre de pratiquants. (Pour plus d'information sur les nuémros INAMI, voir Dossiers > INAMI)

Plusieurs raisons ont été invoquées à l’époque pour instaurer ce système :
 - Limiter le nombre de diplômés et de pratiquants, alors en plein boom, afin d’éviter un surcoût pour la sécurité sociale, mais aussi limiter l’offre de soins, selon la théorie qu’une offre trop importante allait entraîner une demande également croissante (il est aujourd'hui démontré que cette théorie est loin d'être valide).
- Limiter le nombre d’étudiants lors des stages et formations nécessitant un bon encadrement (Cf. difficultés de trouver des places de stages, et bien encadrées) pour fournir une formation de qualité.
 - Sélectionner les capacités d’apprentissage et de mémorisation pour obtenir un niveau élevé de compétence.

En 2002, avant que les premiers étudiants médecins touchés par cette restriction ne  sortent des études, l'A.R. (Arrêté Royal) de 1997 est abrogé et remplacé par  l'A.R. du 30 mai 2002 relatif à la planification de l'offre médicale. Cet arrêté royal fixe un nombre maximum de numéros INAMI par communautés, ainsi que des quotas minimaux pour certaines spécialités.

La Communauté française a d’abord, de 1997 à 2002, sélectionné ses étudiants au terme du premier cycle : c’était le décret Dupuis, du nom de la ministre socialiste alors en charge de l’enseignement supérieur en Communauté française à l’époque.
Le décret Dupuis a été abrogé en 2002 suite à une forte mobilisation étudiante. De 2002 à 2005, ll'accès aux études de médecine a été libre d'accès.

En 2005, la ministre sociale-chrétienne, Marie-Dominique Simonet, met en place à nouveau un système de sélection en communauté française : un concours au terme de la première année. Seuls les étudiants les mieux classés pouvaient continuer leur cursus en deuxième année.
Les reçus-collés, ces étudiants qui avaient réussi leur année mais ne faisaient pas partie des meilleurs dans le classement, n’avaient d’autre choix que de recommencer leur première, en espérant être mieux classés l’année suivante.

En 2008, l’A.R. de 2002 est remplacé par le système actuel qui installe les quotas entre 2008 et 2018. Le diplôme de fin de master devient le critère d’obtention d’un numéro, et donc l’entrée en spécialité, et redéfinit les quotas (quotas minimaux).
Toujours en 2008, le décret Simonet a supprimé le concours en communauté française en 2008 - sous la pression estudiantine, des recours dus aux reçus-collés et sous la menace de l'invalidation du concours par le conseil d'état - laissant le libre accès aux cycles bachelier et master, sans pour autant que le nombre de numéros INAMI ait augmenté.

Depuis 2012, un examen non restrictif a été instauré, afin d’orienter l’étudiant, ainsi qu’une autre procédure, qui consiste en une session d’examens obligatoire en janvier assurant une sélection des étudiants.

En communauté néerlandophone, dès 1998, un examen d'entrée a été instauré, et est toujours d'application.

C'est cette situation qui était en cours au début de l'année académique 2014-2015 : un accès libre en communauté française, un examen d'entrée en communauté néerlandophone, et toujours une réserve limité de numéros INAMI pour l'ensemble de la Belgique.

Le Lissage

Pour rappel, tout ce qui concerne les inscriptions est du ressort des communautés. Chaque communauté reçoit un nombre déterminé de numéros INAMI (X pour les néerlandophones, et Y pour les francophones) de la part du fédéral.

Le dernier A.R. de 2008 met également en place la notion de « lissage ».

En effet, comme le nombre d’étudiants diplômés sortant de master dans les universités francophones est plus grand que le nombre de numéros INAMI en communauté française, les universités avaient le droit d’emprunter les numéros des années ultérieures, à condition d’équilibrer la situation pour 2018 : en 2018, pour X numéros INAMI donnés en 2008, on pourra compter X médecins en bénéficiant sur toutes les promotions entre 2008 et 2018.

Le problème est que nous sommes loin, très loin de pouvoir se permettre un équilibre à moins de priver des centaines de diplômés de numéros INAMI : chaque année, il y a plus de diplômés que de numéros prévus pour cette promotion.
Un lissage a donc été instauré au niveau des universités francophones afin de permettre l’accès aux spécialisations, sans restrictions à la sortie des études.
En cela, les universités n’ont fait que respecter la loi : permettre l’accès aux études pour tout le monde, et le don de numéros INAMI à tous les étudiants diplômés.

Chaque année, de plus en plus d’étudiants sont entrés en première année de médecine dans les universités francophones, et de plus en plus ont été diplômés. En effet, là où les universités flamandes ont instauré un examen d’entrée pour filtrer à l’entrée, les universités francophones ont préféré laisser la liberté totale d’accès aux études de spécialisation.
L’ennui, c’est que le nombre de places à la sortie est limité, et l’offre est de plus en plus en-deçà de la demande, au vu de l’augmentation des étudiants avec un nombre fixe de numéros INAMI.

Imaginez qu’on vous donne un budget de 12 000 euros net pour un an (= nombre de numéros INAMI alloués jusqu’en 2018), et que chaque début du mois, vous faites vos courses pour tout le mois. Si chaque mois vous dépensez 1000 euros (= quota maximum de médecins recevant un INAMI), il n’y a pas de problème.
Si par contre vous décidez de faire plaisir à vos amis, vous dépenserez sans doute un peu plus. Si le nombre de vos amis augmente, que votre famille s’agrandit, vos dépenses ne cesseront d’augmenter, vous dépenserez chaque mois plus de 1000 euros, avec un nombre croissant de surplus de dépense. C’est le phénomène de lissage. Vous entamerez donc, au fur et à mesure, la réserve des prochains mois.

En comparaison, nous en sommes au mois de septembre, et on a déjà entamé la réserve des 1000 euros de décembre. On en arrive donc à devoir tenir pendant plusieurs mois avec à peine de quoi vivre un mois, et il est plus que probable qu’on entre en situation de dettes. Le problème ici, c’est qu’une fois à 0, aucune banque n’acceptera de nous prêter de l’argent pour la fin de l’année.

En attendant un lissage au niveau fédéral, les étudiants sortant en fin de cycle master en médecine et dentisterie bénéficient d’un emprunt sur les numéros des années suivantes, pour permettre à tous d’exercer dans les meilleures conditions, et d’avoir accès aux spécialisations.
Ce lissage prendra cependant fin en 2018 pour les médecins et en 2020 pour les dentistes, et depuis toutes ces années, les universités attendaient un autre lissage, mais au niveau fédéral, pour régler ce problème.

(Pour en savoir plus sur les numéros INAMI, voir l’onglet Dossier à INAMI)

Le numérus fixus et la sélection actuelle

En novembre 2014, les doyens des facultés de médecine ont menacé de ne délivrer de numéro INAMI qu’à la moitié des étudiants de dernière année en médecine et de dentisterie, diplômés en juin 2015, si la situation ne changeait pas.
Suite à la mobilisation étudiante et académique, la ministre fédérale de la santé a accepté de libérer des numéros INAMI pour l’ensemble des étudiants à la condition que la communauté française instaure un système de limitation à l’entrée des études, à l’image de ce qui se fait en communauté flamande. Cette sélection devait permettre de ne laisser passer que le nombre d’étudiants acceptables pour les quotas fédéraux. Aussi, un lissage négatif sera appliqué aux générations qui passeront par le concours : moins d’étudiants seront admis que normalement, afin de rétablir l’emprunt fait pour les générations précédentes et le « cadeau » fait.

C’est ainsi qu’en juillet 2015, le parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé la proposition du ministre de l’enseignement supérieur, à savoir un concours en fin de première année pour les sections médecine et médecine dentaire des universités francophones.

Le concours sera corrélé avec les quotas fédéraux, issu d’un nouveau cadastre dynamique et de son analyse par la commission de planification médicale fédérale.
A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous n’avons pas encore de chiffres exacts et définitifs concernant les quotas, et il est trop tôt que pour pouvoir objectivement interpréter les premières données du cadastre.

Du côté des numéros INAMI, les étudiants menacés ont tous bien reçus leurs numéros en 2015, mais la situation n’est toujours pas sauve pour les étudiants futurs : la ministre fédérale de la santé attend octobre 2016 pour libérer les numéros INAMI, dans le but de voir si le concours est efficace.

(Pour les modalités du concours, voir l’onglet  Dossiers à Sélection à en médecine et en dentisterie).

Des positions, de la politique, de la santé publique

Jusqu’ici, nous avons essayé de relater les faits de la manière la plus objective possible. Ce qui suit sera très probablement orienté, et suivra les positions officielles du BEM.
Bien que contre toute sélection par principe, nous (BEM) en sommes venus à la conclusion que, vu la pression et l’inconnu du cadastre, une sélection devait être instaurée, au moins à court terme. Cependant, nous avons mis en avant la sélection à l’entrée, et non à la fin de la première année (voir : http://www.lesoir.be/859913/article/debats/cartes-blanches/2015-04-24/des-etudiants-en-medecine-veulent-un-examen-d-entree).

Pour nous, un concours en fin de première année serait efficace au niveau des quotas et respecterait le timing (trop peu de temps pour établir un examen d’entrée en septembre 2015, et pas d’année préparatoire prévue), mais serait néfaste à plusieurs niveaux.
D’abord, le système français nous fournit un bel exemple de concours élitiste à l’excès : concurrence, compétition, mauvaise ambiance, coup bas, difficulté, … et surtout le principe même su concours : certains étudiants pourraient réussir les examens, mais être amenés à être recalés car pas assez bien classés.
Un des arguments pro-concours en fin de BA1 est que la première année serait l’occasion pour les étudiants de se remettre à niveau, et de gommer les inégalités sociales. Nous contestons cela : comment gommer des années d’inégalités en 9 mois, dans une ambiance exécrable, compétitive, dans un système en totale rupture avec l’enseignement secondaire ? Nous n’y croyons pas. D’autant que la sélection ne commence pas en juin, mais en janvier : pour accéder au concours en juin, les étudiants doivent avoir minimum 8/20 de moyenne aux examens de janvier. Quand on sait que, à l’ULB, les taux de réussite en janvier varient entre 17 et 20% … les étudiants n’ayant pas eu le temps de s’adapter sur 3 mois devront d’office doubler, étaler leur année ou se réorienter, sans avoir la chance de passer le concours.

Aussi, l’avantage d’une sélection est qu’on aurait moins d’étudiants à encadrer, et donc plus de possibilités pour une meilleure pédagogie, de meilleurs apprentissages, plus d’encadrement, etc. Là où le trop grand nombre d’étudiants est le plus criant est justement en première année, la sélection académique (par les examens) réduisant très rapidement ce nombre. Avec un concours en fin de BA1, les grosses cohortes resteront grosses, avec donc trop peu d’encadrement, peu de possibilités d’un réel accompagnement. On a donc les désavantages du concours sans les avantages.

Enfin, pour compenser l’inégalité du secondaire, nous proposons une année préparatoire, sur l’image de ce qui se fait en école polytechnique depuis plusieurs années, permettant de remettre à niveau les étudiants sortant de secondaire, sans avoir à subir toutes les difficultés universitaires, même si le mieux serait bien entendu d’avoir un enseignement secondaire plus égalitaire. Cette année ne serait pas obligatoire, afin de ne pas forcer ceux qui n’en ressentiraient pas le besoin (avec des tests blancs disponibles à l’avance pour se tester). Ainsi, ceux qui sont capables de passer passeront sans coût excédentaire, et ceux qui n’en sont pas capables auront une année de préparation plus détendue qu’une année universitaire en compétition. Aussi, entre doubler à l’université et faire une année préparatoire supplémentaire, le Bureau Etudiant de l’école polytechnique de l’ULB a montré que cela revenait moins cher de faire une année préparatoire que de doubler une BA1. Bien sûr, l’école polytechnique et la faculté de médecine sont deux sections différentes. Mais bon, voilà quoi.

Enfin, l’autre argument du concours en fin de BA1 est qu’il pourra ainsi s’appliquer sur des matières plus « humaines et médicales » que scientifiques, ces dernières ayant leur évaluation en janvier (rappelons toutefois qu’il faudra avoir 8 minimum sur ces fameuses matières scientifiques pour avoir accès au concours).
Pour un examen d’entrée, rien ne nous oblige à interroger uniquement sur des matières scientifiques. Les sciences sont importantes pour la compréhension des phénomènes médicaux. Mais nous pouvons aussi interroger sur les qualités humaines et intellectuelles : la réflexion, l’analyse, la logique, la synthèse sont autant de facultés nécessaires au bon déroulement du cursus universitaire : on ne réussit pas (et on ne devient pas bon médecin) en apprenant tout par cœur. Aussi, il existe aussi des tests d’empathie, des systèmes d’interview, ou d’autres voies qui pourraient aider à départager les étudiants. Les voies sont nombreuses et flexibles avec un système à l’entrée. En fin de BA1, la matière de la sélection ne dépend uniquement que du programme de chaque universitaire, et est donc inégal et rigide.

Cette année préparatoire pourra ainsi, si elle est bien faite, égaliser les étudiants en matière de connaissances scientifiques, mais aussi leur donner les outils nécessaires pour passer l’examen d’entrée, mais aussi pour tout autre cursus grâce aux facultés humaines et intellectuelles qui y seront développées. Enfin, avec moins d’étudiants en BA1, nous pourrons enfin mettre en place des méthodes pédagogiques efficaces et modernes dès la première année. Cette première année ne serait pas une année de sélection destructrice, mais une année de formation productrice.

Au niveau juridique maintenant : le précédent concours en fin de première année a déjà craqué sous la pression des étudiants, des recours des reçus-collés et du conseil d’état. Si le conseil d’état a cette fois-ci validé la sélection en 2015, il n’y a encore aucune garantie qu’elle résistera aux recours des reçus-collés, ces étudiants ayant réussi leurs examens mais ne pouvant pas continuer leur parcours.

Parlons maintenant des quotas de sélection, qui seront établis en fonction du cadastre fédéral.

Le cadastre (= « photographie », analyse de l’offre sur un domaine spécifique, ici l’offre médicale) proposé par le fédéral est déjà une bonne avancée, mais reste incomplet. En effet, auparavant, on ne disposait que de la quantité de numéros INAMI pour quantifier l’offre médicale (c’est-à-dire le nombre de médecins ayant le droit d’exercer). Mais cette quantification ne prenait pas en compte des points essentiels : l’âge des médecins, leur activité réelle (nombre d’entre eux n’exercent de soins de santé directement plus et se sont réorientés), leur répartition, etc.
Le cadastre actuel, bien qu’il doive encore être analysé jusqu’au bout, montre déjà certaines faiblesses, certains manques au niveau de données concrètes.

Il faut aussi savoir que, depuis de nombreuses années, certaines spécialisations crient au manque et à la pénurie (médecine générale, pédopsychiatrie, médecine aigüe, …). La question de la sélection est donc sérieusement à revoir, et la planification devra élaborer une stratégie efficace, concrète et juste pour 1) ne pas priver inutilement l’accès aux études, et 2) ne pas créer une médecine à deux vitesse,  inégale et inefficace.
Il serait injuste et absurde de bloquer les rêves d’étudiants sur des chiffres irréalistes, et dangereux pour notre système de soins de santé si on devait arriver à une réelle pénurie.

C’est tout un débat que nous devons avoir, et qui a déjà lieu (et qui évolue encore) au sein de notre Groupe de Travail (GT planification, tous motivés sont les bienvenus pour en débattre, donner un avis, proposer des solutions).

Sélection en dentisterie

Limitation de l’accès à la pratique de la dentisterie


Pour différentes raisons de politique de la santé, le nombre de dentistes admis à pratiquer la dentisterie dans le cadre de l’INAMI (c’est-à-dire de la Sécurité sociale belge) a été limité.
Pour répondre aux quotas déterminés par le gouvernement fédéral, les universités belges sont contraintes de mettre en œuvre une procédure de sélection des étudiants.
Un décret voté par le parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles (FWB, ou communauté française) de Belgique en juillet 2015 instaure cette sélection des étudiants, dans chaque université, à l’issue de la première année du baccalauréat en Sciences dentaires.

Cette sélection consiste en un concours sur les examens du second quadrimestre, à savoir les examens de juin, et donne accès au deuxième niveau, tel que décrit dans le décret Paysage.